30.06.2009
EMPRUNT: UN COUP PLUS POLITIQUE QU 'ECONOMIQUE !!!
Le grand séminaire de Matignon a permis à Fillon de confirmer, pour 2010, l'emprunt Sarkozy !
Objectif : « à tous les coups l'on gagne » ; une véritable loterie magique.
Pour réussir, il ne faudra plus envoyer l'argent recueilli pour combler des dépenses publiques, celles du fonctionnement de l'État, ou pour boucher la dette du pays.
Il faudra utiliser cet argent, pour créer des emplois et investir dans des entreprises d'avenir : croissance verte et nouvelles technologies.
On nous met cet emprunt à une sauce de légumes que l'on nous sert depuis trois ans dans le ragoût économico- politicien Sarkozyste.
La nouveauté de cet emprunt, c'est qu'il doit rapporter.
Cet emprunt est donc contradictoire, puisqu'en effet il est mis en place pour de l'investissement.
L'investissement est toujours un risque : le risque de rapporter, comme de tout perdre.
Investir sur des innovations est en effet un risque. Les innovations se plantent une fois sur deux, ou deux fois sur trois. Il faut être sûr, que les innovations qui marchent relèvent celles qui échouent.
Il y a donc avec cet emprunt, une contradiction entre l'idéologie d'innovation et celle de l'emprunt.
En effet, on ne peut pas refuser le risque car il faut que ça rapporte, devrons-nous rester dans la culture du risque : il faut investir dans l'innovation ?.
Fillon dit : « cet emprunt, n'est pas un nouveau plan de relance ».
Il nous dit une bêtise, il nous ment : c'est un plan de relance. Pourquoi ?
La relance, c'est mettre de l'argent dans l'économie privée en passant par l'économie publique, par les finances publiques : prendre l'argent dans la poche des contribuables français, pour le mettre dans des activités privées.
Pourvu que ça marche !.
Endetter l'État, pour sauver ou créer des activités, c'est de la relance.
C'est effectivement bien le premier plan de relance, que nous propose le gouvernement depuis 2009.
En 2009, le plan était de sauvetage. Celui de la vieille économie, des vieilles industries qui arrivaient à terme : l'automobile par exemple.
Nous n'étions pas alors dans l'innovation, mais bien plus dans du sauvetage.
Le plan de 2010 sera bien un plan de relance et d'innovation : mettre de l'argent dans les richesses de demain.
C'est bien, mais est-ce suffisant ?.
Ce plan du XXIe siècle, devra être accompagné d'une loi de finances, d'un budget plus audacieux, il obligera le gouvernement à s'orienter vers de nouveaux domaines : la recherche, des universités, la mise en place de plus de crédits publics.
Faudra-t-il encore, que le conflit universitaire soit réglé à l'automne et que l'on ne reste pas enlisé dans ce domaine.
L'emprunt est-il une affaire de gauche ou de droite ?.
Souvenons-nous des emprunts : Pinay, Giscard d'Estaing, Balladur, Sarkozy... tous de droite.
Les socialistes français, nous parlaient-ils pas, lors des dernières élections, d'un emprunt européen ?.
Au niveau européen, tous les gouvernements (couleurs confondues) ont recours aux emprunts publics.
La tradition en France de l'emprunt, fait que ce dernier est pratiqué surtout par la droite : pourquoi ?.
L'emprunt est toujours une bonne affaire... pour les Français assez riches pour souscrire à cet emprunt.
Ces derniers (les emprunteurs) sont donc des électeurs de la droite.
L'emprunt de 2010 sera donc, à analyser en terme politique plus qu'économique.
Politiquement, ce sera un véritable cadeau aux électeurs de l'UMP.
Un formidable cadeau, car une affaire garantie par l'État. On pourra jouer... avec un filet.
82 % des Français ne voudraient pas souscrire à cet emprunt .
Ceci est sans importance, car il fallait, au coeur de l'électorat de droite, une frange de 17 % favorable à cet emprunt.
L'objectif sera alors atteint : faire plaisir aux électeurs de Sarkozy pour 2012.
Garantir un retour sur investissement : les électeurs investissent sur Filion et Sarkozy, tout en étant rémunérés.
La gauche sur ce dossier, se plante une nouvelle fois : elle se limite à critiquer économiquement cet emprunt qui peut toutefois marcher ; alors que la critique doit être politique. Encore une fois, la gauche se trompe de combat.
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