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16.04.2008

EST-CE LE DEBUT DE LA FIN DU GRAND CIRQUE ?

Des tensions entre Sarkozy et Fillon compliquent l'action de l'exécutif


PARIS (AFP) - Malgré des mois de calage laborieux, la relation entre Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon est marquée par des tensions qui compliquent l'action de l'exécutif, selon plusieurs sources gouvernementales.
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Ces mésententes - récurrentes sous la Vème République entre le chef de l'Etat et celui du gouvernement - ont joué un rôle dans les couacs sur les OGM ou la carte Familles nombreuses, sur fond de grogne des députés UMP.

"Il y a des points de tension irréversibles" entre les deux hommes, va jusqu'à affirmer une source gouvernementale.

A l'Elysée, une autre source assure au contraire qu'il n'y a "pas vraiment d'eau dans le gaz". Mais elle reproche à Matignon la cacophonie entourant le projet de loi OGM.

Mercredi à l'issue du Conseil des ministres, le président a tiré la leçon des cafouillages, en appelant le gouvernement à se montrer "uni derrière les décisions qui sont prises et qui sont arbitrées par lui-même ou par le Premier ministre."

Il a ainsi réaffirmé, solennellement, la solidité de son attelage avec le chef du gouvernement.

Au quotidien pourtant, affirme un responsable de la majorité, "tout est organisé pour qu'il y ait des tensions". Par exemple, la promotion à la direction de l'UMP, par le chef de l'Etat, du ministre du Travail Xavier Bertrand, rival de plus en plus affirmé de M. Fillon.

Idem pour la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, malgré la fronde des députés, soutenus par Matignon, sur le dossier OGM.

Autre télescopage entre les deux têtes de l'exécutif: en visite au Japon la semaine dernière, M. Fillon défend le choix de transférer à la SNCF la charge des réductions offertes aux familles nombreuses. Quelques heures plus tard à Paris, Nicolas Sarkozy annonce le maintien, et même l'extension, de la carte familles nombreuse.

"Ils ne se voient pas assez", avance un ami politique du Premier ministre. "Les sondages (favorables à M. Fillon, ndlr) ont provoqué une sorte de séisme dans le +couple+". "C'est un problème d'affect plus que d'autre chose", ajoute cette source.

"Le président pense que le Premier ministre ne l'a pas suffisamment soutenu quand il était au creux de la vague, et le Premier ministre s'est senti plusieurs fois humilié", explique pour sa part une source gouvernementale.

M. Sarkozy, poursuit-on, voudrait aujourd'hui que M. Fillon "monte au créneau". Ce dernier aurait au contraire précisément "la sensation que le président ne le laisse pas monter" en première ligne.

Selon un ministre, les deux hommes se seraient rencontrés en tête-à-tête le dimanche 30 mars. Ce n'était "pas arrivé depuis très, très longtemps".

Le problème est dépassé, assure une source proche de Matignon: "Ils se sont pas mal vus et téléphoné ces derniers temps".

Un ministre met aussi en garde contre "un effet de miroir déformant" des derniers couacs. Selon lui, "on a passé le plus difficile, qui était la période de calage".

"Pas mal de monde, autour du président, lui dit qu'il ne sera pas facile pour lui de trouver quelqu'un comme Fillon, qui soit aussi complémentaire et qui n'ait pas d'ambition", rapporte une source gouvernementale. "Cette option devrait finir par l'emporter".

François Fillon resterait donc à Matignon, selon cette source, au moins jusqu'au début 2009, voire jusqu'aux régionales de mars 2010.

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